JEAN LARONZE, peintre de la Bourgogne (1852-1937)

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MARINES ET GENS DE LA COTE

En 1904, en raison de la grave maladie de son fils, Jean Laronze et sa femme allèrent habiter Berck-sur-mer. Ces parents furent alors gagnés par un grand désarroi qui ne cessa de s'accroître, leur fils devenant progressivement sourd au fil des ans. Cette épreuve fut pourtant l'occasion pour l'artiste de renouveler profondément son inspiration. Celle-ci ne fut plus guidée par les étangs charollais et les fleuves bourguignons mais par la mer du Nord et ses immenses plages.

La mer à marée basse, les poches d'eau reflétant le ciel, les couleurs menaçantes des orages du Pas de Calais, le force du vent dans les voiles remplacèrent, pour un temps, les eaux reposées de l'Arroux et de la Bourbince ou les mares glauques proches de Génelard. A la barque de "l'Angélus" succéda les bateaux de pêche échoués, tendant leurs mâts immobiles. Aux bergers cédèrent la place les pêcheurs de crevettes allant au-devant de la marée ou rentrant, leurs larges filets sur l'épaule. Souvent attendris devant le calme et la poésie des paysages bourguignons, le spectateur est, devant ces marines, émerveillé par l'amplitude et la magnificence de la réunion du ciel et de la mer.

Ces marines sont, parmi les toiles de Jean Laronze, les premières qui offrent autant de profondeur. Jusqu'alors, parmi les paysages bourguignons, rares sont ceux dans lesquels l'artiste a ouvert l'horizon. Ce sont alors plus les divers premiers plans et leur intégration dans la composition qui souciaient le peintre. Ici, au bord de la mer, rien de tel. La mer envahit la toile, avec toute sa profondeur. Jean Laronze eut en réalité la révélation des horizons. Comme bien d'autres avant ou après lui, il fut à son tour saisit par la beauté de l'océan et chercha à rendre sa merveilleuse et particulière poésie. On retrouvera cette évolution dans toutes les toiles bourguignonnes postérieures : bien sur "Milly ou la terre natale : Lamartine adolescent" et sa grandiose profondeur, mais aussi de nombreuses toiles représentant des bergères et même, enfin, des bords de Loire, comme "Matinée sur la Loire" ou "La Loire en Automne", alors que ces toiles étaient avant la guerre beaucoup moins ouvertes.

Les toiles de bord de mer sont également certaines de celles de Jean Laronze qui font la part la plus belle à un ciel toujours différent. Parfois, comme dans "Epaves", il a su rendre avec une dramatique intensité le spectacle tragique d'une menace d'orage sur une mer frémissante. De lourds reflets courent alors sur l'eau, annonçant de prochaines convulsions. Le ciel est zébré de feu et de nuages sanglants. Dans d'autres cas, le ciel s'impose à la mer, encore plus vaste, calme et impressionnant. Ainsi, dans "Bateau de Berck", la splendeur des tons du ciel donne une émouvante envergure à l'ensemble de l'oeuvre. Dans tous les cas, les toiles sont traversées par les rayonnements lumineux de la Manche qui fascinèrent l'artiste.

 

Ce magique mariage de l'eau toujours animée et du ciel toujours changeant élargit considérablement la palette de Jean Laronze. Sa touche en est modifiée. En 1905, au Salon, les critiques accueillirent avec étonnement deux scènes de Berck. Celle-ci furent saluées pour leur nouveauté, la limpidité de leur atmosphère, leur fluidité aérienne, l'or des sables... Dans cette admirable traduction du ciel marin, de l'onde limpide et de la grève mouillée, la touche apparemment très libre est en fait très surveillée dans sa sûreté même.

 

Jean Laronze, d'une nature bonne et généreuse, peignait avec amour les paysans bourguignons. On retrouve cette même sympathie, dans ces toiles de Berck ou des Sables d'Olonnes, pour les gens de la côte. Il porte la même amitié foncière et visible aux pêcheurs de crevettes. Le travail sur la grève est peint avec la même considération que le labeur des champs. Dans les deux cas, l'artiste fait ressortir dureté et noblesse de la tâche. C'est la justesse rigoureuse, l'attitude vraie dans le mouvement et l'action qui intéressent, là comme ailleurs, Laronze.

 

Le hasard de la vie rejoignant une des dernières volontés de Jean Laronze, sa dernière toile exposée au Salon des artistes français, après sa mort, fut celle de "La Baie des Callots - Biarritz" peinte dans les derniers mois de sa vie. Comme pour nous rappeler la place des "marines et gens de la côte" dans son oeuvre...

 

 

 

 

"Marines et Gens de la côte" - Principales toiles :

 

. "Les Mouettes" (Salon de 1906, appartient au musée de Charolles)

. "Barque de pêche" (Salon de 1908, appartient au musée de Mâcon)

. "L'arrivée des pêcheurs de crevettes"

. "Epaves" (Salon de 1909, appartient au musée de Tananarive)

. "Sur la plage de Berck" (Salon de 1920)

. "Bateau de Berck - Soleil couchant" (Salon de 1929)

. "La Baie des Callots - Biarritz" (Salon de 1937)

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