JEAN LARONZE, peintre de la Bourgogne (1852-1937)

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PAYSANS ET PAYSANNES DU CHAROLLAIS

Si le père de Jean Laronze avait, avec son frère, développé une petite entreprise de transport sur eau, la famille Laronze était une famille de cultivateurs charollais. L’artiste resta fidèle, toute sa vie, et malgré sa réussite matérielle, à ces racines. Son goût des traditions, son amour des simples et de la terre bourguignonne où ils vivent ne se démentirent jamais. Lui-même le reconnaissait sans peine. Ainsi en 1903, dans sa préface de la nouvelle édition des " Chroniques du Charollais " de Joseph-Louis Havard, exaltait-il son " affection " et même sa " vénération ", " vive " et " filiale " pour ce " cher coin de terre où mes aïeux, après l’avoir arrosé de leurs sueurs, dorment leur dernier sommeil "

 

Dans ces toiles, le peintre du terroir veut d’abord rendre l’humilité, la dignité et le bonheur de la vie des champs. Fils tendrement attaché à la terre natale, Laronze, par tempérament et goûts de la simplicité et du dépouillement, retrouve Millet et ses scènes rurales. Mais, toujours pas sympathie, il idéalise ses sujets. Il nous donne des images dont la sérénité reflète son respect des êtres qu’il peint. L’être humain n’est d'ailleurs jamais le prétexte de ces toiles, il en est le véritable objet qui s’insère dans la nature bourguignonne. Celle-ci est le lieu du bonheur, comme dans " Le retour des champs " : La bergère appuie sa tête sur celle du laboureur ; heureusement le chien surveille les moutons car la jeune femme nimbée dans la lune ne s’en préoccupe plus guère alors que l’instant est propice aux aveux. Comme toujours chez l’artiste, le réel n’est peint qu’enveloppé de poésie.

 

Certaines des premières toiles de Laronze sont déjà consacrées à des bergers et des bergères. Dès 1887, l’artiste étudie les paysans du charollais  " Crépuscule " (1888), " Berger, joueur de vielle " (1889) et " Le Soir " (1893) constituent ses trois grandes œuvres sur ce thème peintes avant le tournant du siècle. Cependant, ce que la critique a qualifié de " cycle des bergères " commence seulement en 1925, avec alors plusieurs toiles majeures en quelques années. Ces bergères, au travail à la fois passif et prenant, expriment toute la mélancolie lamartinienne chère à Laronze. Celle-ci est renforcée par le décor des vallées lumineuses et embuées dans lequel elles prennent place. Ces toiles séduisent à la fois par la jeunesse des leurs tendres personnages et par la fraîcheur de leur inspiration et de leurs coloris. Elles montrent bien que, si le peintre a atteint sa pleine maturité, l’homme, après tous les malheurs personnels qu’il a connu, goûte également, enfin, à l’équilibre familial avec notamment le nouveau foyer de sa seule fille, Anne-Marie. Pendant la dernière partie de sa vie, ces tableaux valurent à l’artiste certains de ses plus grands succès publics mais aussi ses plus belles ventes notamment à l’étranger.

 

Si Laronze a d’abord peint les paysans du charollais tout au labeur des champs, il s’est également attaché à les montrer dans la diversité de leurs tâches et de leurs occupations. C’est, bien sûr, le " Berger, jouant de la vielle " pour deux femmes qui délaissent quelque peu la garde d’un troupeau au demeurant fort sage. C’est aussi " Les Pêcheurs charollais " dans le cadre majestueux du confluent de l’Arroux et de la Loire. La jeune femme se dresse sur la barque, glorieuse de se sentir forte et aimée, appuyée à son bâton, avec un bel espoir dans tout le jaillissement du corps. L’homme range les nasses pendant que la petite-fille reste sage, au pied de sa mère et qu’au loin des laveuses sont penchées au bord de l’eau. Dans le délicat effet de contre-jour, les trois personnages s’auréolent d’une lumière dorée qui ajoute encore au charme mystérieux de l’heure.

 

L’exactitude et la vérité hantent Laronze dans ses toiles de terroir comme dans toute son œuvre. Quand il dessine une paysanne franchissant un ruisseau, celle-ci ne relève pas sa robe avec la préciosité de la ville mais, à pleine main, avec le geste ferme et vigoureux de la vie des champs. L’authenticité de ces tableaux ajoute encore davantage, aujourd’hui, au charme qui s’en dégage. En intime correspondance avec l’esprit et le tempérament de l’artiste, ces toiles rappellent à nos cœurs ce que la campagne recèle d’intimité touchante et de douceur mélancolique.

 

 

" Paysans et paysannes du charollais " - Principales toiles :

 

  • " Crépuscule " (Salon de 1888)

  • " Berger, joueur de vielle " (Salon de 1889, appartient au musée des ATP à Paris)

  • " Le Soir " (Salon de 1893, appartient au musée de Mâcon)

  • " Les pêcheurs charollais " (Salon de 1901, appartient au musée de Dijon)

  • " Le retour des champs " (Salon de 1921)

  • " Gardeuse de moutons " (Salon de 1926, appartient au musée de Dijon)

  • " La Marguerite " (Salon de 1930, appartient au musée de Charolles)
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